La commune est issue de la fusion en 1791 des anciennes communes de L'Argentière, sur la rive droite de la Durance, et de La Bessée, sur la rive gauche, sur la route de Briançon.
La commune doit son nom aux mines d'argent qui étaient exploitées dès l'époque |romaine sur son territoire. Proche de l'entrée de la vallée de la Vallouise, à la porte du parc national des Écrins, et dominé par des sommets calcaires, dont celui de Montbrison (2800 m). A l'ouest, le vallon du Fournel est un site d'escalade sur cascades de glace réputé.
La paroisse date du XIIe siècle et a été fondée probablement par Oulx. Des documents de 1208, 1266 et 1276 mentionnent l'existence de l'église Saint-Apollinaire.
Elle faisait partie anciennement du fief des Rame et le très ancien château dont on voit encore les vestiges, dans une situation particulièrement forte, au-dessus du village, doit avoir été construit par cette famille princière. Elle devint le chef-lieu du mandement lorsque la ville de Rame fut ruinée par les crues de la Durance, son mandement fut divisé en deux, celui de Pallon et celui de l'Argentière.
En 1155, le Dauphin se fit concéder par l'Empereur Frédéric Ier Barberousse du Saint Empire romain germanique, les mines des gorges du Fournel et s'empara de l'Argentière, rattachant ce bourg au Briançonnais. Cette concession fut renouvelée en 1238. Le castrum de L'Argentière est mentionné depuis 1202, date à laquelle il est confié au dauphin Guigues André par le comte de Forcalquier, Guillaume II, en gage du mariage du dauphin et de la petite-fille du comte. Le dauphin est seigneur majeur du castrum et perçoit notamment une partie des revenus de la mine de cuivre argentifère. Un châtelain, les Auruce, originaires de cette région, représentant du dauphin, réside à l'Argentière dès 1246. Ceux-ci firent édifier dans la plaine un autre château et une chapelle, autour desquels se groupèrent les maisons du bourg primitif. Seize hameaux composaient ce bourg, ancienne résidence de seigneurs où différentes constructions se sont succédées : donjon s'élevant près des mines, transformé dès le Moyen Âge en château fort ; château seigneurial, dans la vallée, et enfin le château Saint-Jean.
L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem possédait une petite commanderie dénommée dans les pouillés de 1208 : « preceptori Sancti Johannis de Gradibus Karuli. » Il subsiste la chapelle de Saint-Jean, l'un des plus beaux édifices de l'architecture romane dans la région. (Voir plus loin.)
En 1315 l'abbaye de Boscodon détenait ici un hôpital.
Aux XIIIe et XIVe siècles, le village principal se trouvait dans la grande enceinte repérée à Ville. De nombreux casales (exploitations rurales) étaient situés au pied du château, c'est-à-dire en contrebas du rocher. D'autres maisons étaient également établies à l'extérieur de l'enceinte, près des portes.
Au XIVe siècle, la famille Auruce vendit ses droits seigneuriaux à d'autres notables et c'est alors que fut bâti le troisième château de l'Argentière (XVe siècle) auprès de la chapelle de Saint-Jean.
A l'époque moderne, celle-ci s'est étendue du côté du pont de la Durance
La chapelle Saint-Jean [modifier]
Classée monument historique le 22 juillet 1886.
L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem possédait à l'Argentière-la-Bessée une petite commanderie dénommée dans les pouillés de 1208 : « preceptori Sancti Johannis de Gradibus Karuli ». L'emploi du terme «gradibus» reposerait sur le fait qu'à l'est de l'édifice, situé sur un promontoire, quelques marches descendaient en direction de la Durance, dont le lit au Moyen Âge était tout proche. Au XIXe siècle des historiens locaux évoquent la découverte de constructions environnantes, à appareil en arêtes de poisson. S'agissait-il des ruines de la maison hospitalière ? Les dispositions architecturales de Saint-Jean témoignent de l'attachement aux formes de la tradition lombarde. Saint-Jean est composé d'une nef unique de trois travées, voûtées d'un berceau en plein cintre. Une abside semi-circulaire de 2m 70 de profondeur, voûtée en cul de four prolonge l'édifice à l'est. .
Le village minier de Suquet
Accroché aux berges du torrent du Fournel, les exploitants du XIXe siècle ont édifié un véritable village minier. Les fouilles archéologiques, initiées en 1991, ont mis à jour ses vestiges; on reconnait ainsi l'emplacement des forges, du magasin, de la maison du Directeur, du grand atelier.
Ce dernier renferme des vestiges des machineries : broyeurs, cribles à secousses, tables de lavage.
L'excellente conservation dans le sol des bâtiments de ces infrastructures, permet une bonne interprétation des techniques de traitement mécanique du minerai de la fin du XIXe siècle.
Les guides vous feront redécouvrir cette intense activité industrielle dans un lieu préservé et sauvage.
Ouverture
Mines d'argent & Musée des Mines
- Toute l'année, visite pour les groupes constitués, sur réservation (sous réserve des conditions d'accés au site pour les mines)
- Vacances scolaires (hors été).
Mercredis, jeudis et dimanches de 14h à 17h.
- Du 1er juin au 15 septembre, tous les jours de 9h à 18h.
- Journées du patrimoine, dimanche de 13h30 à 17h30
Réservation obligatoire et renseignements au 04 92 23 02 94
Maison d'Accueil et d'Information de la Communauté de Communes
Cellier de la maison Planche (19ème siècle), Le Pertuis-Rostan, ancienne porte du Briançonnais (14ème siècle). Musée des mines d'argent, château St Jean. Village minier du Suquet.Mines d'argent de la vallée du Fournel (20km de galeries)